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Pourquoi nous ne
proposons pas de
solution intégrant une
société de type LLC
(USA)
Toute personne
s'intéressant pour la
première fois aux
techniques
d'optimisation fiscale
ne peut manquer de
tomber, sur le Net, dans
les publicités des
journaux économiques, ou
même au détour de
forums, sur des
propositions de
constitution de LLC dans
l'Etat de Delaware aux
USA.
ATTENTION
Les éléments cités ci-dessous
sont mises à
disposition à titre
d'information. Il serait imprudent de mettre en place un montage sans connaissance juridique en droit local et international. Notre équipe de juristes est à votre disposition pour comprendre ces textes et mettre en place des solutions prenant en compte ces mesures pour respecter la législation en vigueur. |
Solution star des années
90, ce montage est-il
encore adapté
aujourd'hui, bien que
toujours populaire, et
largement diffusé par de
nombreux promoteurs ?
C'est ce que nous allons
essayer de voir ici, en
étudiant comment cela
fonctionne, les
avantages et
inconvénients (du moins
du point de vue d'un
non-résident, un
résident américain
pourra trouver des
raisons différentes, et
dont nous ne parlerons
pas ici, de former une
LLC).
1/ Qu'est ce que
c'est ?
La LLC (Limited
Liability Company) est
une forme de société,
initialement instaurée
par l'Etat du Wyoming,
mais existant désormais
dans les 50 Etats.
Son but premier était
d'offrir la protection
d'une responsabilité
limitée à des
entreprises de taille
modeste, voire à des
indépendants, sans que
ceux-ci n'aient à former
une corporation (société
par actions), beaucoup
plus lourde à gérer.
Son intérêt fiscal
provient de ce que les
bénéfices de la LLC ne
sont pas taxés au nom de
la LLC, mais au nom de
ses propriétaires, tant
au niveau fédéral qu'au
niveau de chaque Etat
des USA.
Or, un propriétaire de
LLC qui ne serait pas
résident américain, et
qui n'aurait (ni
directement, ni par LLC
interposée) de revenus
de source américaine,
n'est pas redevable de
taxes aux USA (ce qui
paraît normal), étant
entendu que la
domiciliation aux USA de
payements issus de
l'étranger ne sont pas
considérés comme revenus
de source américaine.
Ainsi, un français,
vendant par le biais
d'une LLC à des
espagnols, ne devra pas
remplir de formulaire de
taxe US, et les profits
ainsi réalisés
échapperont à toute taxe
US (la précision est
importante).
L'Etat du Delaware a
rapidement attiré la
plupart des LLC détenues
par des non-résidents en
imposant une taxe
annuelle forfaitaire
très basse, et est donc
devenu le lieu
d'incorporation de
prédilection de ces LLC.
2/ Les avantages
L'avantage majeur est le
coût. Nombre de
prestataires spécialisés
vantent ainsi une
défiscalisation à bas
prix, accessible à tous.
Autre avantage, les
formalités sont
réduites, et rapides.
L'image des Etats-Unis,
partenaire commercial
majeur de l'Europe, a
également, au moins dans
un premier temps, séduit
et conféré une certaine
crédibilité.
3/ Les inconvénients
Malheureusement, il faut
bien constater
aujourd'hui que ces
avantages sont largement
dépassés par les
inconvénients, qui sont
de trois ordres.
a) un inconvénient
juridique majeur :
Le premier inconvénient
est tout simplement lié
à la nature même d'une
des conditions
nécessaires à
l'exemption de taxes US
: l'extra-territorialité
des revenus, qui conduit
à une impasse juridique.
Prenons une prestation
de services, réalisable
à distance, par exemple
le développement d'un
logiciel par une LLC
pour un client français.
Par défaut, cette
prestation sera
présumée, pour les
Français, avoir été
réalisée au siège de la
société, c'est à dire
aux USA. Mais la LLC a
déclaré aux USA n'y
avoir réalisé aucune
prestation (faute de
quoi, le revenu serait
de source US, même pour
un client étranger).
Comme il existe une
convention d'échange
d'information, incluse
dans le traité fiscal,
entre la France et les
USA (ceci est valable
pour tous les pays
d'Europe), en cas de
vérification, on se
trouve devant une
impasse : ou le
propriétaire de la LLC a
omis de déclarer des
revenus US et de payer
la taxe fédérale y
afférent (les promoteurs
de la LLC oublient
souvent qu'à coté de
l'impôt forfaitaire du
Delaware existe une
imposition fédérale), ou
la LLC a un
établissement stable
hors des USA (en France
dans ce cas précis), qui
soumet les revenus
dégagés par la LLC à
l'imposition locale de
cet établissement.
On objectera qu'il faut
qu'il y ait contrôle :
ceci est certes peu
probable pour des ventes
de services à distance à
des particuliers, mais
dès que des entreprises
sont impliquées,
l'Administration dispose
de moyens
d'investigation (voir le
second inconvénient).
A ce titre, il faut
aussi rappeler qu'en cas
de vente de
marchandises, les
procédures douanières
permettent aisément de
débusquer les "fausses"
LLC.
b) une crédibilité
faible
Le marketing continu en
faveur des LLC n'a bien
sur pas échappé aux
diverses administrations
fiscales. Ce que vous
avez trouvé en 5 minutes
sur le Net, le fisc le
connait.
Comme la LLC est, aux
USA, utilisé par de
petites entités, qui
souvent ne vont pas à
l'international, une
facture émise par une
telle structure attire
l'attention. Lorsque
cette structure est de
surcroit basée dans le
Delaware, les feux
passent carrément au
rouge.
Le fisc dispose d'une
arme simple : la
non-déductibilité de la
facture. Concrètement,
en contrôlant une
entreprise, un
vérificateur découvre
une facture émise par
une LLC. Pour s'assurer
de la réalité de la
facture, il est en droit
de demander toutes les
informations qui lui
semblent utiles,
notamment les noms des
contacts, les modalités
de réalisation de la
prestation, etc.
En clair, l'entreprise
cliente a la choix entre
voir sa facture rejetée
et devenir
non-déductible (donc
réintégrée à son
bénéfice) ou donner les
informations...Voila
alors notre propriétaire
de LLC non-résident en
mauvaise posture (et
cela arrive très souvent
!!)
3/ Un inconvénient
pratique
D'autant plus que, et
nous voila au 3°
inconvénient, il est
aujourd'hui impossible à
un non-résident d'ouvrir
un compte bancaire aux
USA, suite au Patriot
Act.
Du coup, la majorité des
offres incluent soit un
compte dans un
établissement "exotique"
(qui tombe sous le coup,
pour les Français de
l'article 238 A du CGI),
soit en Europe de l'Est
(mais où tous les pays
concernés viennent de
rentrer dans l'UE et où
la relation bancaire
ainsi établie est
fluctuante, pour ne pas
dire précaire, sans
compter que l'échange
d'informations
fonctionne désormais).
Bien entendu, ce type
d'indices (factures
d'une LLC payée en
Lettonie, pour prendre
le montage largement
diffusé sur le Net) ne
font que de miner un peu
plus la crédibilité de
la facturation émise par
ce biais.
Conclusion et avis
On peut
raisonnablement se
demander si dans ce cas,
l'option de recourir à
une société totalement
offshore, hors de toute
convention fiscale, ne
devrait pas être
préférée d'autant que
certaines sont
accessibles à des tarifs
guère plus élevés, mais
avec un vrai compte
bancaire,
couvert par le secret
bancaire.
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